Looking for d’Audrey Jean-Baptiste et Artificial Landscapes de Jeremy Tran: deux courts-métrages à la croisée de la danse et de l’architecture

Le court-métrage Looking for d’Audrey Jean-Baptiste transporte trois danseuses dans des espaces urbains divers: parcs, escaliers extérieurs d’immeubles, rue. Pendant presque dix minutes, on suit leurs déambulations dans une ambiance poétique et fantaisiste. Les unes après les autres, et parfois toutes en même temps, les danseuses changent d’endroits en un clin d’oeil et prennent possession de ces espaces parfois imposants.

De subtils effets de montage et de caméra créent un jeu de contrastes incessant: l’attitude légère et presque puérile des danseuses fait contrepoint à l’immensité et la froideur de l’architecture urbaine, les lignes de leurs mouvements rentrent en interaction avec la verticalité des immeubles, enfin, des amorces de trames narratives donnent un aspect onirique aux espaces publics impersonnels.

La caméra, qui oscille entre des gros plans, des éloignements, ou bien même des vues aériennes offre une vision originale et surprenante des danseuses et de l’espace dans lequel elles progressent. Le travail de montage est rendu visible dans le court-métrage : retours en arrière, avances rapide et répétitions ajoutent à l’esthétique de la danse et participent à la tonalité loufoque de la vidéo.

Looking for est, à sa façon, une œuvre complète puisque chaque élément a un rôle propre: l’espace dans lequel s’inscrit la danse est tout aussi important que la danse elle-même, les jeux de caméras et de montage font partie intégrante de la chorégraphie.

 

Looking for a dernièrement été projeté dans le cadre du festival Les irrécupérables, à l’exposition « Désobéir – Obéirez-vous » à Fontenay-sous-bois, et au festival  Séquence Court-métrage de Toulouse (Archi-court)

 

 

Trailer Artificial Landscapes

Le film de Jérémy Tran  Artificial Landscapes lui aussi, met en rapport danse et architecture. Une centaine de danseurs prennent place dans un espace gigantesque et clos, celui d’une gare désaffectée. Individuellement, ou ensemble, les danseurs s’approprient l’espace. La force qui surgit de la masse des danseurs se heurte à la puissance de la grandeur du lieu. Artificial Landscapes est d’abord le titre d’un film, mais plusieurs évènements sont en fait réunis sous ce titre, marquant ainsi la pluridisciplinarité du projet: les photos effectuées pendant le tournage ont fait l’objet d’une exposition à la fondation Bullukian à Lyon. Les performances dansées réalisées dans le même lieu participent elles aussi à la prolongation du projet dont le film est le précurseur. Artificial landscapes, en utilisant la vidéo, la photographie, et la danse, donne la parole à une pluralité de langages et de médiums qui interrogent chacun les rapports de l’individu au groupe, et du groupe à l’espace.

 Pour connaître la programmation (expositions, projections, performances) cliquer ici.

CONSTANCE VIDAL-NAQUET est étudiante en Master de Théorie de la littérature et pratique la danse contemporaine depuis une dizaine d’années. Elle participe également à la rédaction de The Dancing Plague.

 


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