Appels à contribution

Appel à contribution permanent : « Recherche »

Publication en ligne d’extraits de mémoires, de thèses ou de travaux de recherches inédits consacrés à la danse.

The Dancing Plague lance un certain nombre de rubriques régulières à paraître sur son site, dont l’une consacrée à la publication d’extraits de mémoires ou thèses portant sur la danse, ainsi que de communications n’ayant pas eu l’occasion d’être diffusées. Tous les travaux ayant pour objet la danse, ou s’ y intéressant de manière corollaire, peuvent être proposés, quelle que soit leur discipline de rattachement. Vous trouverez ici quelques mots sur la revue, ainsi que sur l’esprit de la rubrique.

Si cela vous intéresse, nous vous proposons de nous écrire à thedancingplague@gmail.com, en nous adressant une courte note indiquant l’objet de votre mémoire ou thèse, l’année où il a été soutenu, sa discipline de rattachement, ainsi que les passages que vous estimez aptes à être publiés sous forme d’extraits. Pour les propositions de communications, vous pouvez de même nous envoyer préalablement un résumé, ainsi qu’une petite note nous indiquant le contexte initial dans lequel le texte a été écrit ou prononcé. Le texte total publié n’excèdera pas 20 000 signes, mais pourra se composer de plusieurs extraits.


Avril 2012 : Danse et Divertissement


« Traitons le théâtre comme un lieu de divertissement, ainsi qu’il sied dans une esthétique, et examinons quel genre de divertissement nous agrée ! »

Bertolt Brecht, Petit organon pour le théâtre, préface.

 

Après avoir exploré la question de la compétition, The Dancing Plague se propose pour son deuxième numéro d’interroger les amours et désamours de la danse et du divertissement.

La volonté de traiter ce thème correspond à l’engagement déjà postulé dans le premier opus : faire circuler la parole sur la danse au dehors des cercles consacrés, libérer la pensée du joug des discours forts, et revendiquer une exigence intellectuelle qui ne passerait plus nécessairement par la maîtrise de ces références qu’on aime à exposer entre soi, comme autant de signes de reconnaissance. En effet, la danse est une pratique universelle et un art vivant, qui bien souvent pourtant s’écrit en lettres mortes d’avoir trop raisonné en vase clos.

Dans la mesure de ses (modestes) moyens, The Dancing Plague a le désir de générer un appel d’air, qui viendrait participer de la prise de conscience salutaire, déjà engagée par un pan des acteurs de la scène chorégraphique, des dangers de la consanguinité, et de la nécessité de l’ouverture. Consanguinité sociale, consanguinité culturelle, et consanguinité intellectuelle. Loin de faire l’apologie de l’ignorance, on est en droit de souhaiter que la culture cesse d’être l’otage de ceux qui la possèdent déjà – et que la danse n’oublie pas qu’elle est partout, et surtout ailleurs.

La question du divertissement rencontre pleinement ces préoccupations, que nous souhaitons traiter via le contenu, mais aussi via la forme de la revue. Les contributions pourront donc se présenter sous différents formats – article de recherche, témoignage, entretien, bande dessinée, portfolio, formes graphiques diverses – et auront le souci d’allier à la pertinence des approches proposées un vrai plaisir de lecture. Le public auquel se destine, idéalement, la revue, recoupe aussi bien celui des penseurs et praticiens professionnels de la danse, que celui des amateurs et spectateurs passionnés, que celui encore des danseurs du dimanche – ou du samedi soir.

Voici quelques pistes pour ce thème, qui ne sont bien sûr pas exhaustives :

art et divertissement : le divertissement peut-il être de l’art, et réciproquement l’art peut-il être divertissant ? L’opposition art/divertissement tend à découper le paysage chorégraphique en deux, avec d’un côté des œuvres et de l’autre côté des shows, d’un côté des films de danse et de l’autre côté des clips musicaux, etc. Cette catégorisation répond-elle à une différence essentielle, touchant à la nature de la démarche et du résultat, ou bien consiste-t-elle en une distinction artificielle, relative uniquement aux différents circuits de distribution des spectacles ? La question économique au cœur du spectacle vivant pousse-t-elle à vouloir divertir au prix du sacrifice d’une exigence artistique ? On pourrait également enquêter sur la manière dont s’opèrent certains transferts créatifs entre ces différents champs : quelles traces d’influences réciproques peut-on découvrir en examinant leurs productions respectives ?

- populisme et élitisme : la danse doit-elle être divertissante pour toucher le plus grand nombre ? Inversement l’ennui est-il, au théâtre, un gage ésotérique de qualité, la caution du sérieux ? Les idées et préjugés couramment forgés dans nos esprits à propos de la qualité artistique, de l’appréciation populaire et du plaisir du spectateur sont liés entre eux d’une manière qu’il conviendrait d’éclaircir.

- pratique et spectacle : Si le spectacle de danse entretient des rapports compliqués au divertissement, la pratique, elle, semble d’emblée lui réserver une place de choix. La danse festive, tout d’abord, correspond pleinement à une activité de divertissement. La pratique en amateur, au sein de cours de danse classique, contemporaine, jazz, tango ou autres, mérite également d’être interrogée à l’aune de cette notion : en quoi la contrainte – par l’exercice parfois douloureux, par l’imposition de rythmes et d’horaires, etc. – peut-elle être source de divertissement ? La pratique et le spectacle correspondent-ils à des types de divertissement différents, et si oui, comment les caractériser ?

- plaisir et… plaisir : la question du divertissement soulève invariablement celle du plaisir. Quelle place la danse – pratique et spectacle – réserve-t-elle au plaisir ? Le plaisir à danser est-il le même que celui de la dépense physique pure, ou correspond-il plutôt à une sorte de bonheur de créer ? Et le plaisir à regarder, est-il de nature esthétique, intellectuelle, érotique – tout cela à la fois ? Plus généralement, le plaisir de la danse, dans l’observation ou dans l’exécution, a-t-il une fonction cathartique ? Est-il un plaisir privé, ou un plaisir partagé ?

Afin de donner une cohérence à l’ensemble, et de traiter le sujet le plus complètement possible, nous aimerions également accueillir des contributions relevant d’approches spécifiques, venant circonscrire chaque fois un pan des problématiques soulevées. Ainsi, l’enjeu philosophique de la question du divertissement nous semble important à traiter, tout comme l’enjeu économique qui se noue autour de l’industrie du spectacle et de l’entertainment. Il serait heureux, également, de contextualiser historiquement ce débat.

Cette liste de pistes n’est, encore une fois, pas exhaustive et reste ouverte à vos propositions.

Les propositions devront nous être envoyées avant le 15 juin, et ne devront pas excéder 3000 signes (environ une page). Elles seront examinées par le comité de lecture de The Dancing Plague, qui donnera sa réponse mi-juillet. Les contributions retenues devront ensuite être envoyées début septembre. Elles seront alors corrigées – si besoin est, et en accord avec vous – pour être éditées dans le courant de l’automne.

Merci d’envoyer vos propositions à Aude Thuries (audethuries@gmail.com) qui coordonne ce numéro ainsi qu’à Valentin Chémery (valentin.chemery@gmail.com).

Télécharger l’appel à contribution – DANSE vs DIVERTISSEMENT

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Comments
2 Réponses to “Appels à contribution”
  1. Turinay dit :

    Bonjour Aude & Valentin,
    Quel plaisir de parcourir cet appel à contribution sur un tel sujet (l’art) et particulièrement la danse et le théâtre. Je ne suis ni un “spécialiste”, ni un grand intellectuel mais j’ai passé toute ma vie à lutter pour que les gens ne confondent pas qualité et élitisme en codifiant d’une manière excessive les codes de tel manière que les “non initiés” ne puissent comprendre de quoi il s’agit. Bref, pour avoir pratiqué le théâtre forum d’Augusto Boal et aimer l’expression corporelle de qualité (quelle soit classique ou “urbaine”), j’essaierai de vous fournir ma modeste contribution pour le plaisir car avant tout il faut que l’envie d’aller vers les autres, de les toucher prime avant toute autre considération. A bientôt sûrement

  2. Valentin L. dit :

    Bonjour. J’ai bien reçu votre nouvelle revue dansante et le prototype de 2012. Du contenu et de la réflexion. On attend avec intérêt le numéro suivant ! :)

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